Chaque dollar public levé pour l’Afrique devrait en attirer dix du secteur privé. Deux réservoirs de capitaux séparent l’ambition de la réalité. Les investisseurs institutionnels internationaux demeurent réticents malgré trente ans de données GEM situant le taux de défaut du crédit privé en Afrique subsaharienne à 6,05 % et les taux de recouvrement à 78 %. Les investisseurs institutionnels africains, quant à eux, répondent rationnellement aux incitations : les rendements élevés de la dette souveraine surpassent ceux des marchés encore étroits du crédit privé et des actions non cotées. Le modèle KEPFIC au Kenya et la CNPS ivoirienne montrent ce qui se produit lorsque le capital domestique dispose des structures pour se déployer. Que faudrait-il pour débloquer ces deux réservoirs à la fois ?
Points clés
- Réévaluer le risque : garanties, réforme des notations, transparence — quelle combinaison convaincra enfin les investisseurs internationaux que les données africaines sont fiables ?
- Mobiliser le capital africain : quels mécanismes de mutualisation ou structures ancrées par les IFD peuvent rendre le crédit privé plus attractif que la dette souveraine ?
- Du capital au déploiement : plus de la moitié des fonds de crédit privé africains levés depuis 2021 restent non alloués. Problème de confiance, d’instruments, ou les deux ?