2026 programme

État du marché | Baromètre du secteur financier africain 2026

Confiance économique, investissements en IA, expositions au risque, finance durable : Deloitte et l'AFIS dévoilent le 6ᵉ Baromètre, avec les résultats préliminaires de l'enquête menée cette année auprès de dirigeants seniors des secteurs bancaire, de l'assurance, de la fintech et des marchés de capitaux. Que révèlent-ils sur l'état d'esprit du secteur financier africain ?

Disrupter Club | Fintechs et banques centrales : reprendre le dialogue

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La moitié des fintechs estiment que la régulation « agit comme une contrainte plutôt qu'un catalyseur », selon une enquête récente de la Banque centrale du Nigeria. Dialogue insuffisant, manque de lignes directrices et absence de mécanismes de co-construction des politiques figurent parmi leurs principales préoccupations — auxquelles s'ajoutent des procédures d'agrément lentes et des zones grises sur les paiements transfrontaliers et les stablecoins. Les fintechs estiment ne pas être associées au même niveau que les banques, alors que le marché africain de la fintech connaît une croissance rapide et devrait atteindre 65 milliards de dollars d'ici 2030. Comment banques centrales et fintechs peuvent-elles renouer le dialogue et construire une régulation propice à l'innovation ?
Points clés
  • Co-construire les règles : comment ouvrir davantage le dialogue et mieux intégrer les perspectives des fintechs dans l'élaboration des politiques ?
  • Accélérer sans relâcher : agréments, sandboxes, outils de conformité partagés et SupTech peuvent-ils réduire les délais d'accès au marché tout en protégeant les consommateurs ?
  • Lever les zones grises : quelles ambiguïtés réglementaires traiter en priorité — paiements transfrontaliers, stablecoins, crédit numérique ?

Panel des superviseurs de l'assurance | Bâtir les marchés délaissés de l'assurance maladie universelle

L'aide à la santé en Afrique subsaharienne a chuté de 25 % en 2025, réduisant les moyens disponibles pour étendre la couverture aux trois quarts des ménages sans assurance maladie. La plupart paient leurs soins directement, faute d'information, de confiance ou de moyens. Près d'un quart des pays africains ont rendu l'assurance maladie obligatoire, avec une couverture qui progresse modestement — 13 % au Nigeria. En août 2025, le Kenya a ouvert son régime public aux assureurs privés. Ailleurs, coûts opérationnels élevés et difficulté à tarifer le risque informel peuvent limiter leur participation. Comment les régulateurs peuvent-ils remodeler les incitations, réduire les frictions et mobiliser les capacités du secteur privé ?
Points clés
  • Fixer les frontières : où placer les incitations pour permettre aux assureurs privés de compléter les régimes publics sans les remplacer ?
  • Élargir les pools : comment mieux couvrir les populations pauvres et vulnérables tout en rendant les pools de risques financièrement viables ?
  • Le mur des primes : jusqu'où la régulation peut-elle agir sur le principal obstacle — le coût des primes, hors de portée pour la majorité ?

CEO Talk | Les géants bancaires africains face aux challengers numériques : à qui appartient l'avenir ?

Les plus grandes banques africaines lancent des néobanques, tandis que les fintechs de premier plan se muent en banques. Paystack et Flutterwave ont obtenu cette année une licence de microfinance au Nigeria. Wave a créé Wave Bank Africa fin 2025 en Côte d'Ivoire, tandis que Moniepoint a racheté en mars 2026 Sumac Microfinance Bank au Kenya. Les banques établies ripostent : Attijariwafa a lancé « Simple. », la première néobanque du Maroc, avant l'entrée attendue de Revolut. Alors que le directeur général de Standard Bank évoque une « concurrence qui s'intensifie », comment les banques décideront-elles quels segments défendre — et s'il faut concurrencer, s'associer à, ou racheter les fintechs qui grignotent leurs marges ?
Points clés
  • Néobanques maison : les grands groupes bancaires africains peuvent-ils bâtir des marques numériques agiles sans cannibaliser leur cœur de métier ?
  • Acheter ou innover ? Quand l'acquisition d'une fintech a-t-elle plus de sens que l'innovation interne ?
  • Rentabilité mobile-first : comment dégager des revenus durables dans un environnement où les frais s'effondrent et la concurrence s'intensifie ?

Panel | Capital africain : de la réserve à la ressource

PME, adaptation climatique, entrepreneuriat féminin, infrastructures : les besoins de financement s'intensifient alors que la marge budgétaire se resserre. L'Afrique dispose pourtant de milliers de milliards de dollars d'actifs domestiques - fonds de pension, assureurs, fonds souverains - mais l'essentiel reste immobilisé dans des titres d'État à faible rendement, plutôt que d'irriguer infrastructures, énergie, agro-industrie, santé ou industrie à valeur ajoutée. Des marchés de capitaux profonds et innovants sont indispensables pour réduire le coût du capital et le mobiliser à l'échelle qu'exige le développement du continent.

Points clés

  • Lever les obstacles : cadre réglementaire, accès aux données, coûts de transaction, pipeline de projets viables - qu'est-ce qui bloque vraiment le capital institutionnel africain ?
  • Réformer pour mobiliser : quelles priorités pour régulateurs et acteurs du secteur afin de canaliser le capital domestique vers les secteurs productifs ?
  • Changer d'échelle : quels enseignements tirer des instruments de marché innovants qui gagnent du terrain en Afrique - et comment les répliquer pour créer des emplois ?

Conversation With | Can African banks build firepower fast enough to fill the shoes of departing global players?

Table ronde stratégique | Assurance indicielle agricole : enfin à la bonne échelle ?

Entre 2008 et 2019, les chocs climatiques ont endommagé un tiers des parcelles agricoles africaines, décourageant les banques commerciales de prêter aux petits exploitants. L'assurance indicielle, déclenchée par des seuils de pluviométrie ou de rendement, pourrait protéger les agriculteurs — les catastrophes naturelles ont coûté 3 milliards de dollars à l'Afrique en 2025 — et réduire le risque des prêts. Mais l'adoption reste « d'une faiblesse décevante », selon une étude de la Banque mondiale de juillet 2025, surtout sans subventions publiques. Des ONG ont pointé de « graves défauts » dans les seuils de déclenchement, après l'absence de versements au Malawi en 2016 malgré des pertes de récoltes généralisées. Assureurs, banquiers et agtechs examinent comment déployer une assurance indicielle abordable grâce à des seuils plus fiables et une distribution par smartphone.
Points clés
  • Distribuer autrement : comment intégrer l'assurance indicielle à des lignes de crédit accessibles par smartphone ?
  • L'équation publique-privée : quels mécanismes pour subventionner les primes et déployer des données satellitaires fiables à grande échelle ?
  • Le risque de base : comment garantir que les indemnités reflètent fidèlement l'impact climatique réel sur les exploitations ?

CFO Exchange | Affronter le casse-tête des plus de 40 monnaies africaines

Les monnaies africaines se sont dépréciées de 65 % face au dollar depuis 2007. Pour les directeurs financiers : coûts d'approvisionnement plus élevés, trésorerie sous tension, volatilité des résultats. Les instruments de couverture restent rares, de courte maturité et trop coûteux — 61 % des institutions financières africaines jugent les produits de hedging hors de prix au regard des marges protégées. Faute de dérivés accessibles, les entreprises recourent à la couverture naturelle, au financement intragroupe ou à la facturation en monnaie locale. En 2013, la banque centrale du Brésil a créé un marché de dérivés liquide par des swaps de change là où il n'en existait aucun. Les marchés africains peuvent-ils développer des solutions pratiques sans accroître les risques budgétaires ou monétaires ?
 
Points clés
  • Sans filet : quelles stratégies de gestion du risque de change fonctionnent réellement lorsque les instruments de couverture sont indisponibles ou trop coûteux ?
  • Le rôle des banques centrales : fournir directement des instruments de couverture, ou créer les conditions de liquidité qui permettent au marché de valoriser le risque ?
  • Dialogue stratégique : comment directeurs financiers et banques centrales peuvent-ils collaborer utilement sur l'allocation de devises fortes ?

Panel | Le “redémarrage de la croissance” : mobiliser le capital privé dans un monde plus incertain

Le FMI appelle à une « remise à zéro de la croissance » fondée sur l'investissement privé, mais le contexte a changé. « La mondialisation ne se fait plus en easy mode », estime NinetyOne, alors que l'ère des matières premières bon marché s'achève et que le soutien à l'intégration économique s'essouffle. L'Afrique a attiré 70 milliards de dollars d'IDE en 2025, son troisième meilleur niveau, mais seuls 14 pays ont émis des obligations d'entreprises en monnaie locale depuis 2000. Règles de rapatriement des devises, fragmentation des systèmes de compensation, mise en œuvre inégale de Bâle III et délais de règlement élevés pèsent sur les investisseurs. Alors que le conflit au Moyen-Orient, la hausse du pétrole et le ralentissement de la croissance en Chine accroissent les incertitudes, comment le secteur financier peut-il contribuer à faire des actifs africains une valeur refuge ?

Points clés

  • Garder les capitaux : quelles réformes des exigences de fonds propres et quels instruments en monnaie locale retiendraient davantage de capitaux africains sur le continent ?
  • Changer de méthode : que doivent faire différemment banques, assureurs, Bourses et fintechs pour soutenir l'allocation de capitaux étrangers ?
  • Fluidifier les marchés : par où commencer pour réduire les délais de règlement et faciliter la convertibilité des monnaies ?

Women In Finance – Panel | Données alternatives : le crédit féminin va-t-il enfin décoller ?

42 milliards de dollars : c'est le déficit de financement annuel des PME dirigées par des femmes en Afrique que le scoring alternatif - de plus en plus adopté par les banques et les fintechs - pourrait contribuer à combler. Mais des algorithmes nourris de données historiques risquent surtout de reconduire le biais de genre. À défaut égal ou inférieur, les femmes évaluées par ces modèles obtiennent des scores 6 à 8 points plus bas que les hommes. Sans garde-fous, la technologie habille l'exclusion d'un vernis d'objectivité. Certaines fintechs réagissent : la tanzanienne Tausi Africa purge ses modèles des métadonnées de genre, l'indienne Lendingkart audite les siens contre les biais. Comment recalibrer les modèles du secteur ?

Points clés

  • Données utiles ou piège : quelles données alternatives élargissent vraiment l'accès des femmes au crédit - et lesquelles renforcent les biais ?
  • Standards et recours : quelles règles pour l'audit des biais, la transparence et la contestation des scores ?
  • Garder l'humain : où le jugement humain doit-il rester irremplaçable dans le processus de crédit ?

Conversation avec | Swaps, rachats, montages : l'Afrique face au casse-tête des eurobonds ?

L'Afrique subsaharienne a entamé 2026 avec son meilleur début d'année sur le marché des eurobonds depuis 2013 — 5,95 milliards de dollars levés en sept semaines. Mais les taux restent élevés : l'Angola s'est engagé à près de 10 % sur sa dernière émission. Les gouvernements explorent des alternatives — swaps de rendement total, rachats de dette, montages utilisant des titres souverains comme garantie. Le FMI avertit que les coûts sont comparables à un eurobond et que les mouvements de taux et de change pourraient créer de nouveaux risques budgétaires. Ces outils permettent-ils réellement de réduire le coût de la dette — ou ne font-ils que déplacer le risque ?

Table-ronde stratégique | Financement vert : l'Afrique joue-t-elle à la courte échelle ?

Les projets d'énergie propre en Afrique sont financés en dollars, sur des maturités de cinq ans, à des taux jusqu'à trois fois supérieurs à ceux des économies avancées. Des centrales solaires conçues pour durer trente ans doivent se refinancer tous les cinq ans, tout en remboursant une dette en dollars à partir de revenus en monnaie locale qui se déprécie. Une réponse africaine émerge : Africa Finance Corporation a décaissé 43 millions d'euros dans le cadre d'une obligation verte en double devise — euros et francs CFA — pour financer la future plus grande centrale solaire de Côte d'Ivoire. Alors que les capitaux pour le solaire, l'hydraulique et l'éolien sont disponibles, comment mieux adapter le financement aux projets qu'il est censé soutenir ?
Points clés
  • Plafond souverain : un projet solaire avec vingt ans de revenus contractés, toujours bridé par la note de son État. Pourquoi, et comment y remédier ?
  • Aller plus loin avec les garanties : comment les IFD peuvent-elles mieux couvrir les retards de paiement des compagnies publiques et l'exposition au risque de change ?
  • Allonger les maturités : qu'est-ce qui réduirait suffisamment le risque pour que les prêteurs commerciaux s'engagent sur le long terme ?

Table-ronde Africa Business+ | M&A et projets : et si l'Afrique finançait chez elle ?

Le monde des affaires africain veut financer ses plus grands projets et ses M&A sur le continent, en monnaie locale, avec des institutions financières africaines - des banques locales aux fonds de pension, source croissante de capital long terme. Mais les banques régionales manquent de surface financière pour porter une dette projet de 7 à 12 ans ou de grandes acquisitions. Les entreprises se tournent donc vers des acteurs étrangers qui structurent les deux tiers de la dette non-financière africaine (53 % en dollars), ou émettent hors du continent. L'émission en naira de MTN Nigeria en 2021 et le programme de 300 milliards de nairas de Dangote montrent que le financement local peut porter de grandes opérations - mais restent des exceptions. Comment financer, structurer et détenir davantage de ces opérations sur le continent ?

Points clés

  • Ce que veulent les CFO : quels produits et avancées en gouvernance pour financer localement les plus grosses opérations - et comment les banques renforcent-elles leurs fonds propres en conséquence ?
  • Le rôle du capital long : fonds de pension, assureurs, fonds locaux - quelle part peuvent-ils prendre dans les grands projets et M&A, et l'origine du capital des LP compte-t-elle ?
  • Libérer les banques : comment IFD et régulateurs peuvent-ils permettre aux banques de prêter long terme quand les règles pénalisent les prêts longs ?

Panel | Fuite des primes : les assureurs africains peuvent-ils atteindre la taille critique ?

70 à 90 % des primes des risques spéciaux s'échappent vers des réassureurs étrangers, selon Afreximbank. Faute d'assureurs et de réassureurs locaux suffisamment capitalisés, pétrole et gaz, aviation et mines se couvrent à l'international — données, expertise et profits partent avec. Renforcer les capacités de réassurance, mutualiser les risques à l'image de l'African Oil & Energy Pool géré par Africa Re, et relever les exigences de capital sont sur la table. Comment coordonner ces leviers pour mieux positionner les assureurs africains sur la couverture des grands risques et des risques spéciaux ?
 
Points clés
  • Changer d'échelle : comment faire grandir les pools africains de risques spéciaux pour retenir pétrole, gaz et mines sur le continent ?
  • Cession obligatoire : levier efficace pour retenir les primes ou risque de concentration excessive ?
  • Renforcer le capital : comment assureurs et réassureurs peuvent-ils approfondir leurs fonds propres — et les régulateurs doivent-ils les y contraindre ?

PME africaines : une offre financière complète, enfin ?

L'ex-président de la BAD s'était ému de voir de jeunes entrepreneurs quitter l'Afrique faute de crédit bancaire. Afreximbank, IFC et d'autres appellent à une offre PME complète - épargne, financement de chaîne d'approvisionnement, affacturage, assurance... - pour compléter fintechs et mobile money. Les données des paiements digitaux pourraient donner aux banques et assureurs une vision plus fine des ventes, impayés et stocks des PME, mieux cerner leurs besoins en fonds de roulement, et intégrer ces services directement dans leur comptabilité ou leurs ERP. Comment banques, fintechs et régulateurs peuvent-ils déployer collectivement cette offre élargie ?

Points clés

  • Fiers de l'offre PME : comment bâtir un dispositif crédible et complet, capable de réduire le déficit de financement d’ici 2030 ?
  • Données sous-exploitées : quelles données fintech et mobile money mobiliser pour le financement de chaîne d'approvisionnement, la finance intégrée et le crédit ?
  • Fixer les standards : où les régulateurs doivent-ils intervenir sur l'interopérabilité, l'identité numérique, les API et le consentement ?

Table ronde stratégique | Bureaux de crédit et créances douteuses : du désert de données à l'oasis

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Renforcer les données de crédit pourrait ouvrir la voie à une meilleure tarification du risque, une baisse des créances douteuses et un financement accru du secteur privé. Rares sont les marchés africains dotés d'un système de crédit pleinement opérationnel - et quand il existe, il ne couvre que des données MPME limitées, selon l'IFC. Les données mobiles alternatives commencent à s'y intégrer - MTN partage désormais les siennes avec Experian et TransUnion en Afrique du Sud — mais factures, mobile money et paiements commerciaux échappent encore largement aux modèles de scoring. Creditinfo Central Africa, lancé en février, veut fluidifier le partage transfrontalier au sein de la CEMAC. Reste un problème de fond : des données cloisonnées et non standardisées. Prêteurs, registres de crédit et fintechs examinent comment moderniser l'infrastructure de crédit du continent.

Points clés

  • Intégrer sans risquer : comment les régulateurs peuvent-ils intégrer mobile money et données de détail aux bureaux de crédit en toute sécurité ?
  • Partage transfrontalier : quel cadre juridique et technique pour un échange sécurisé des données de crédit entre pays ?
  • IA et inclusion : le scoring par IA peut-il réduire les NPL sans exclure les emprunteurs historiquement non bancarisés ?

Business Case | L'IA dans les services financiers : comment rejoindre les 5 % les plus performants ?

Aujourd'hui, seuls 5 % des projets d'IA lancés par les entreprises dans le monde parviennent à générer un retour sur investissement. En Afrique, plus de la moitié des banques font état de coûts de mise en œuvre élevés et de difficultés à intégrer l'IA dans leurs systèmes existants. Malgré ces obstacles, la BAD estime que l'IA dans le secteur financier pourrait apporter 80 milliards de dollars à l'économie africaine d'ici 2035 - en améliorant les parcours clients, la détection de la fraude et l'efficacité opérationnelle, et en renforçant les décisions de crédit et d'investissement. Des institutions de premier plan partagent les usages les plus rentables que le secteur peut déployer dès maintenant.
 

Perspectives sectorielles 

  • Britam | L'IA dans l'assurance : améliorer le traitement des sinistres et les décisions de tarification 
  • HPS | Exploiter l'IA dans les paiements et neutraliser la fraude dopée à l'IA 
  • Polytechs | Comment l'analyse par IA peut-elle aider les régulateurs à exploiter les grands volumes de données ?
     
  • Sunu Group | Hyperpersonnaliser le service client par les chatbots sans perdre la dimension humaine

Stablecoins : les banques africaines peuvent-elles en faire un atout ?

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Les stablecoins quittent la sphère crypto pour gagner les paiements et les services bancaires africains. Entreprises et ménages les utilisent pour verser des salaires et régler des paiements transfrontaliers à 1,5 % de frais fixes, contre 8 % en moyenne. La BRI avertit qu'une adoption généralisée pourrait fragiliser la stabilité financière, et les banques centrales restent prudentes — le gouverneur de la SARB évoquait en février « un engouement dont les bénéfices restent incertains ». Pendant ce temps, des banques commerciales comme Credit Bank au Kenya les intègrent déjà à leurs services. Cette table ronde examine comment les banques peuvent tirer parti des stablecoins sans déstabiliser les systèmes financiers.
 
Points clés
  • Au-delà du crypto : les stablecoins peuvent-ils devenir un outil bancaire ordinaire en Afrique ?
  • Réguler sans étouffer : comment traiter réserves, conservation, convertibilité et conformité anti-blanchiment ?
  • Qui prend les rênes ? Les banques doivent-elles piloter l'adoption ou laisser le champ aux fintechs et aux acteurs offshore ?

Table-ronde stratégique | Capital patient cherche industrie africaine : comment réconcilier les deux ?

L'Afrique a été la seule région au monde à enregistrer une hausse des opérations de capital-investissement en 2025, de 8 %. Mais l'agro-transformation et l'industrie manufacturière restent sous-financées — les flux vont principalement aux fintechs et aux technologies de l'information. Quelques fonds ciblent déjà ces secteurs, comme Amethis Fund III, SPE PEF III et Phatisa Food Fund 3, mais évoluent dans un paysage où les IFD représentent 64 % des fonds levés et le capital patient reste rare. Rendements longs, volatilité des devises, sorties incertaines : comment attirer investisseurs privés africains et internationaux vers la transformation industrielle du continent ?
Points clés
  • Capter les LP africains : comment concevoir des fonds axés sur l'industrialisation pour mobiliser une part des 775 milliards de dollars des fonds de pension et d'assurance du continent ?
  • Les IFD, catalyseurs ou substituts ? Quand leur capital libère-t-il l'investissement privé — et quand s'y substitue-t-il ?
  • Trouver la sortie : les IPO ne représentant que 5 % des sorties, quelles voies alternatives rendraient ces investissements attractifs pour les investisseurs privés ?

Panel | Au-delà de l'interconnexion des marchés : des cotations harmonisées pour libérer la liquidité transfrontalière ?

Trois ans après son lancement, l'African Exchanges Linkage Project n'a généré que 21 transactions et 6 160 actions échangées, pour une valeur de 8 670 dollars au 1er janvier 2026. Les Bourses africaines restent fragmentées — règles de cotation, normes de publication et systèmes de règlement différents limitent l'investissement transfrontalier. L'essentiel des transactions sur actions et obligations demeure domestique. Alors que les groupes panafricains cherchent à lever des capitaux dans plusieurs juridictions simultanément, comment les Bourses peuvent-elles réduire les coûts liés aux cotations multiples et la complexité réglementaire ?
 
Points clés
  • Reconnaissance mutuelle : jusqu'où les Bourses devraient-elles aller sur les cotations, prospectus et codes de gouvernance ?
  • Attirer les grands émetteurs : quelles incitations pousseraient entreprises et investisseurs à traiter les valeurs africaines comme une classe d'actifs intégrée ?
  • Plomberie commune : quelles normes technologiques et de données relier la négociation, la compensation et les dépositaires centraux à travers plusieurs marchés ?

Table ronde stratégique | Du quasi-zéro au levier : les assureurs africains peuvent-ils financer les infrastructures ?

Le secteur africain de l'assurance détient environ 441 milliards de dollars d'actifs, contre 42 000 milliards pour le secteur mondial. Les engagements de longue durée des assureurs vie les rendent pourtant bien adaptés aux projets d'infrastructure. Leur allocation aux infrastructures s'établit à environ 1 % au niveau mondial et est estimée « quasi nulle » en Afrique hors Afrique du Sud, la dette souveraine restant l'actif privilégié. Exigences de fonds propres, risques de liquidité, absence d'instruments adaptés et risques liés aux projets maintiennent les assureurs en marge. Une table ronde réunissant assureurs, régulateurs et développeurs d'infrastructures examine comment créer les conditions d'un engagement réel.
Points clés
  • Les bons instruments : garanties, tranches de première perte, obligations de projet — lesquels amélioreraient réellement le profil rendement-risque des assureurs ?
  • Le modèle Sun King : la finance mixte avec capital concessionnel de première perte a débloqué 80 millions de dollars en naira pour le Nigeria en 2025. Reproductible ailleurs ?
  • Réformer le cadre prudentiel : quelles évolutions réglementaires permettraient aux assureurs africains d'allouer davantage aux infrastructures sans franchir leurs limites ?

Panel | Du champ au capital : rendre le financement agricole africain bancable à grande échelle

À peine 5 % du crédit en Afrique bénéficie à l'agriculture, pourtant centrale pour le PIB, l'emploi et la sécurité alimentaire. La dynamique s'accélère : Ecobank, Coris et KCB ont obtenu des appuis majeurs d'IFD cette année, tandis que 16 institutions financières ont formé l'Africa AgriTrade Coalition. Mais sans partage des risques, l'agri-finance reste peu rentable — huit fois moins que les autres activités bancaires, avec 40 % de prêts non performants supplémentaires. Les produits restent souvent trop coûteux et mal adaptés aux cycles agricoles. Comment des banques concurrentes peuvent-elles former des consortiums avec agtechs, assureurs, coopératives, IFD et États pour rendre le secteur commercialement viable ?
Points clés
  • Modèles rentables : comment construire des modèles d'agri-finance viables avec agtechs, IFD et acteurs communautaires, puis les déployer à grande échelle ?
  • Financer les cycles agricoles : quels produits peuvent concilier rentabilité, accessibilité et adéquation aux cycles des cultures et de l'élevage ?
  • La donnée comme levier : comment transformer les données des petits exploitants — surface, rendement, photos de récoltes — en modèles de crédit plus précis ?

Panel | Dix dollars privés pour un dollar public : règle d'or ou vœu pieux ?

Chaque dollar public levé pour l'Afrique devrait en attirer dix du secteur privé. Deux réservoirs de capitaux séparent l'ambition de la réalité. Les investisseurs institutionnels internationaux demeurent réticents malgré trente ans de données GEM situant le taux de défaut du crédit privé en Afrique subsaharienne à 6,05 % et les taux de recouvrement à 78 %. Les investisseurs institutionnels africains, quant à eux, répondent rationnellement aux incitations : les rendements élevés de la dette souveraine surpassent ceux des marchés encore étroits du crédit privé et des actions non cotées. Le modèle KEPFIC au Kenya et la CNPS ivoirienne montrent ce qui se produit lorsque le capital domestique dispose des structures pour se déployer. Que faudrait-il pour débloquer ces deux réservoirs à la fois ?
 
Points clés
  • Réévaluer le risque : garanties, réforme des notations, transparence — quelle combinaison convaincra enfin les investisseurs internationaux que les données africaines sont fiables ?
  • Mobiliser le capital africain : quels mécanismes de mutualisation ou structures ancrées par les IFD peuvent rendre le crédit privé plus attractif que la dette souveraine ?
  • Du capital au déploiement : plus de la moitié des fonds de crédit privé africains levés depuis 2021 restent non alloués. Problème de confiance, d'instruments, ou les deux ?

Atelier Women In Finance | Plus de femmes investisseuses : pourquoi les entreprises qu’elles dirigent restent-elles peu financées ?

Les femmes occupent 33 % des sièges des comités d'investissement en Afrique, près de trois fois la moyenne mondiale. Pourtant, les entrepreneures africaines n'ont reçu que 0,9 % des 3,2 milliards de dollars investis dans les start-ups du continent en 2025 — leur plus faible part en quatre ans. Et ce malgré un constat : les fonds dont les comités sont majoritairement féminins consacrent près de la moitié de leurs portefeuilles à des entreprises dirigées par des femmes. L'Afrique a progressé sur qui alloue les capitaux, sans réduire les inégalités dans leur distribution. Si les femmes prennent une place croissante dans les décisions d'investissement, pourquoi les entreprises qu'elles dirigent en bénéficient-elles si peu ?

Lead Working Group | De l'accès au "bien-être" financier : repenser la régulation

Les stratégies nationales d'inclusion financière - à l'image du plan kenyan 2025-2028 - ne visent plus seulement l'accès, mais la preuve que les ménages en tirent un bénéfice réel, via des services diversifiés, abordables et de qualité. Combler les lacunes réglementaires de la finance numérique non bancaire sera au cœur de cette réorientation. Les régulateurs avancent sur plusieurs fronts : KYC et gouvernance fintech renforcés, cadres pour les actifs virtuels, garanties alternatives pour le crédit numérique, finance ouverte pour réduire coûts de transfert et cloisonnement des plateformes. Sous l'égide de LEAD, ce groupe de travail réunit régulateurs et secteur privé pour aligner les priorités de ces réformes.

Points clés

  • Définir la santé financière : quels indicateurs retenir pour mesurer que les ménages progressent réellement - et à quelle fréquence ?
  • Lacunes réglementaires : e-KYC, actifs virtuels, finance ouverte - quelles sont les principales zones grises selon le secteur privé ?
  • Leçons des stratégies passées : qu'est-ce qui incite vraiment à investir dans l'informel et à construire une culture de l'épargne ?

Table ronde stratégique | Transferts de la diaspora : rapatrier les 5 milliards de dollars qui échappent à l'Afrique

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L'Afrique perdrait environ 5 milliards de dollars par an à cause du coût élevé des transferts transfrontaliers : envoyer 200 dollars y coûte 8,46 % en moyenne, contre 6,36 % au niveau mondial, faisant de l'Afrique subsaharienne la région la plus chère au monde pour les transferts de fonds. Un paiement du Kenya vers le Nigeria transite encore par le dollar, ajoutant frais de conversion et contrôles de conformité. PAPSS relie 28 pays et plus de 190 banques, mais peu de banques commerciales y participent réellement, freinées par la fragmentation des agréments, la prudence des banques centrales et des déséquilibres de bilan. Alors que les flux de la diaspora dépassent les IDE dans une grande partie du continent, comment garder ces fonds en Afrique ?

Points clés

  • Que faudrait-il aux banques, techniquement et financièrement, pour permettre un règlement en monnaie locale ?
  • Pourquoi les banques centrales tardent-elles à s'engager dans PAPSS ?
  • Quel corridor pourrait pionnier un passeport réglementaire pour les transferts de fonds ?

PANEL DES GOUVERNEURS DE BANQUES CENTRALES | Un continent, une monnaie, une banque centrale : définir le cap réglementaire 2028-2034

Monnaie unique, Banque centrale africaine : l'objectif de l'Union africaine avance, avec l'ouverture en septembre 2026 de son précurseur, l'Institut monétaire africain. Reste à trancher l'ordre des priorités. Converger d'abord sur les grands équilibres macroéconomiques - inflation, déficits, dette - risque de freiner l'intégration en pleine crise budgétaire. Commencer par les systèmes de paiement et les règles prudentielles apporte des gains commerciaux rapides, mais laisse la question monétaire en suspens. À l'approche de la fenêtre de lancement 2028-2034, quelle souveraineté les banques centrales doivent-elles céder en premier pour éviter que l'intégration monétaire ne s'enlise ?

Points clés

  • Par où commencer : alignement macroéconomique ou unification prudentielle transfrontalière - quelle séquence ?
  • Interconnecter sans fragiliser : comment relier les systèmes de paiement régionaux sans exposer les économies stables aux chocs externes ?
  • Protéger les petits acteurs : quels garde-fous pour les secteurs bancaires locaux pendant la transition vers un cadre réglementaire unifié ?